Premier post : "Bon voilà ... Je me lance ... J'ai toujours voulu tenir un journal ... mais à chaque fois que j'ai entrepris d'écrire et de décrire ma vie ... un constat assez dramatique quoi que plutôt logique se dressait progressivement devant mes yeux à la lecture de ces quelques lignes : ma vie est chiante. Je m'emmerde déjà à la vivre, alors l'écrire voire la relire : quel supplice ! Enfin bon. Jouons le jeu ... "
Dansons tous avec Brigitte !!

J'écoute : Andrew Bird, Pauline Croze, Fiona Apple, Sinéad O'Connor
Je regarde : QAF version UK (la plus mieux) -> Je cultive ma culture gay
Je lis : Le meurtre d'O-Tsuya (J. Tanizaki)
Je joue : DES mélodies sur lesquelles je n'arrive pas à poser des mots
Je mange : Arf ... c l'horreur !
Je bois : Pepsi light
Je cite : Les vrais timides sont ceux qui le deviennent de plus en plus ... (Yves Navarre)

13/02/2005

13/02/05 - 05:31

Le couple gay

Une des raisons pour lesquelles j'avance à reculons dans ma vie sentimentale, est que l'idée de vivre, dans le sens "partager mon quotidien", avec un mec m'effraie.

J'ai peur que le couple gay ne se résume finalement qu'à un échange de bon procédés. Nombreux sont les couples gay à "aller voir ailleurs". La notion de "couple libre" ne me satisfait pas du tout. Si je veux un mec, c'est pour qu'il ne soit qu'à moi, et qu'il n'aime que moi. Certes, beaucoup vous sortent le couplet : "J'aime mon mec, mais j'ai besoin de nouvelles expériences sexuelles, bla bla bla ...".

Je relêve ce paradoxe : je veux un mec "exclusif" mais je crains de vivre avec.

Comment dans ma situation, volonté de cacher mes relations, puis-je envisager ce couple ? Vivons heureux vivons cachés ? Je pense que l'on peut être heureux ensemble, sans pour autant crier à tout le monde qu'on est ensemble, que je suis bi, se marier.

Lorsque j'ai eu ma première expérience de couple avec un mec, j'ai avisé au jour le jour. J'avais décidé de ne plus me poser de questions ou du moins de ne pas me projeter à long terme. Echec. Je n'ai cessé de ralentir la relation. Je ne voulais pas la vivre au grand jour. Nous n'étions pas ensemble, nous étions des amants, fautifs, se cachant. Cela n'était pas une relation.

Bien sûr il est facile de dire que je retienne de cette histoire toutes mes erreurs et de ne pas les reproduire mais je sais que je ne changerais pas d'opinion : je ne veux pas vivre de relation avec un mec, comme je pourrais en vivre une avec une meuf.

Qui pourra accepter de me suivre dans ce type de relation ? Je me pose la question tous les jours et j'espère trouver une réponse. Une chose est sûre : avant de renoncer définitivement à cette idée, je désire ardemment essayer à nouveau de vivre avec un mec.

commentaires

13/02/05 - 08:02

Je crois que certaines des questions que tu te poses ne sont pas exclusives au couple homo!

Dans un relation, il y a toujours cette part d'inconnu, il faut se dévoiler, accepter que quelqu'un entre dans son intimité (qui n'est pas seulement sexuelle).

Il est vrai qu'un couple homo n'aura jamais d'enfant (j'entends par là un enfant biologique).
Mais, est ce pour autant qu'une relation homo ne peut être féconde?
Je ne le crois pas, et je pense que beaucoup de personnes en couple, et présents sur ce site abonderont dans mon sens!

Car dans un couple, il n'y a pas QUE le sexe, encore faut il s'en rendre compte (je veux dire: pas seulement le savoir, mais "l'intégrer") et voir au delà!

Mais pour cela, il faut tomber sur la bonne personne!!

Quand à ta situation... ne pas le "crier" oui pourquoi pas, mais de là à ce cacher des autres, c'est le genre de situation qui peut vite tourner à quelque chose d'insupportable.

Ce qui est sûr, c'est que nous changeons!
Alors sans doute tout cela se débloquera naturellement au fur et à mesure de tes expériences, des personnes que tu auras rencontrées.

Bonne chance à toi!

13/02/05 - 08:24

" Comment dans ma situation, volonté de cacher mes relations, puis-je envisager ce couple ? Vivons heureux vivons cachés ? Je pense que l'on peut être heureux ensemble, sans pour autant crier à tout le monde qu'on est ensemble, que je suis bi, se marier. "
Je vis en couple depuis 5 ans... Nous avons opté pour la solution que tout le monde savait... donc nous n'avons rien dit explicitement... et je trouve que cela fonctionne bien... les gens qui ont l'esprit ouvert ils acceptent... les gens qui ont l'esprit étroit ne voient rien du tout... Il y a donc aucun soucis...
Pour l'expression " vivons heureux vivons cachés ", je dirais que les gens heureux n'ont pas d'histoire... donc ils sont invisibles...
Bonne chance...

13/02/05 - 08:42

Que rajouter d'autre à ce qu'ont écrit I-zno et phedre si ce n'est que pour le confirmer de par mon expérience personnelle passée. Tout de même, je rajouterai à ta dernière question : celui qui acceptera de s'adapter à ton rythme, celui pour lequel tu accepteras de t'adapter à ton rythme. L'amour fait parfois dépasser les bloquages qu'on peut avoir, et certaines craintes peuvent s'estomper.

13/02/05 - 09:23

C'est évident que je ne peux avancer dans ma situation qu'en étant amoureux. Quand je l'ai étais, j'ai fait des trucs que je n'aurais jamais fait 2 mois avant. Comme vous dites, il faut trouver LA personne qui te donne envie d'avancer.

Et oui il est évident que je' m'adapterai également à la personne qui s'adaptera à moi. Le problème c'est que la personne avec qui j'étais ne s'adaptait pas à moi. Elle me demadait sans cesse des trucs énormes sans rien changer à son propre comportement ou en remettant en cause mes choix.

Je pense qu'il est possible de vivre avec un mec sans divulguer à son entourage son homosexualité. Je vois le couple gay (mon idéal de couple gay en fait) comme un couple amis (complicité)/amant (sexe). Je crois que vu mon tempérament je ne peux pas partager la vie de quelqu'un 24H/24. Et cela est aussi valable si j'étais avec une meuf.

13/02/05 - 09:28

La complicité ca vient avec le temps!

Mais sinon, des moments "perso" sont indispensables je pense!

13/02/05 - 09:51

De par mon expérience personnelle, je peux dire qu'avant de rencontrer l'homme qui a bouleversé ma vie, je pensais "vivons heureux, vivons cachés". Je me demandais même si la vie de couple était réellement possible (tout en y aspirant).

Cette rencontre m'a montré qu'entre ce qui se passe dans la tête et dans l'imagination et ce qui se passe dans la réalité il y a un monde, et qu'avant d'être confronté à cette réalité, ce que l'on se cronstruit dans l'esprit sur ce qui est possible ou impossible n'est qu'un scenario.

Quand on aime vraiment quelqu'un, eh bien, cela donne des forces insoupçonnées, cela ouvre aussi les yeux. Quand on aime quelqu'un, on ne le cache pas de ses proches comme une chose honteuse - sans pour autant avoir à parler de sa vie intime avec eux. Comme l'écrit phedre, ceux qui voudront comprendre, comprendront. Il y a une infinité de places entre une vie dans le placard et celle sur le char défilant de la gay pride...

Enfin, la nécessité de respecter l'autre est importante - tout en faisant respecter le sien, ce n'est que comme cela que l'on peut avancer à deux sur la même route.

13/02/05 - 10:26

Il est vrai, je le remarque peu à peu, que même sans dire les choses les amis qui vous sont les plus proches vous comprennent sans vous dire ce qu'ils pensent. Je pense que ceux qui me connaissent se doutent bien de ma vie intime mais par respect ils ne m'en parlent pas. Et c'est très bien comme ça.

Maintenant ma seule appréhension est bien sur cette question de l'être aimé ou aimant. J'ai cru être amoureux une fois, j'ai cru être aimé une fois et je me suis trompé. Mon seul espoir est de trouver cette personne qui viendra ébranler mes convictions.

13/02/05 - 11:07

"Déçu un jour, déçu toujours ?" cette question me hante depuis mon premier échec relationnel - un mec rencontré dans un sauna, qui était en couple et me l'avait caché ... i was a toy-boy 4 him ... depuis, l'analyse a fait resortir ce shéma comportemental, ancrant une depression chronique ... séduire pour abandonner ensuite ...

Je suis aussi persuadé maintenant que je devrais re-essayer une relation intime avec un mec ... zero volontaire au portillon ... en re-apprentissage affectif sans doute :)

Encore faut-il qu'il y ait un Autre-que-soit pour tenter l'expérience-résilience et pouvoir mettre en oeuvre une découverte mutuelle de la complicité ... je ne crois pas (malheureusement) au concept chrétien de la fidélité et de l'entraide mutuelle, alors que j'en aurais bien besoin lol S'Adapter au contemporain, à savoir concurrence et fast-sex (my quotidien depuis ... ooups!)

I wish i was given a chance to change ... à quel prix ?? - et oui, tjrs cette problématique du coût :( -

Cela fait du bien de poser "tout ça" ici, dans ce blog qui me ressemble/rassemble ... Good Luck everyone !

14/02/05 - 00:15

Le coup de foudre existe bien (j'en sais quelque chose) mais qu'il soit là ou non ne présume en rien de la suite. Pour savoir si l'amour est au rendez-vous il faut du temps : pour durer, il faut savoir commencer à durer, et on ne peut savoir d'avance (surtout dans l'aveuglement merveilleux des premiers émois) s'il y a matière à durer (je crois par contre qu'on sait souvent - parfois sans vouloir se l'avouer, dès le début, qu'une relation est impossible) ; cela tient à tellement de choses qui se découvrent au fur et à mesure, qui peuvent consolider ou séparer.

Linkin: Quant à séduire/abandonner, c'est souvent la peur (la difficulté) à s'engager qui est à la base - et ce n'est pas contradictoire avec ton opinion sur la fidélité et l'entr'aide. Ce n'est d'ailleurs pas une affaire de croyance - pour ma part, je sais la confiance, la fidélité et l'entr'aide possibles entre deux êtres (homos ou hétéros, pas de différence). Le coût ? La vie n'est pas un zero-sum game, où il faut forcément perdre quelque chose pour gagner sur un autre tableau. Et quand bien même elle le serait, ne vaut-il pas mieux regarder ce qu'on y gagne que ce qu'on y perd (le verre à demi-plein plutôt qu'à demi-vide) ?

Un très beau livre sur la séduction/abandon et ses causes profondes: Puer Aeternus, de Marie-Louise von Franz.

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